"Pour la lutte contre la douleur dans l'Océan Indien"

La douleur

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Pour en savoir plus

Encadré 4 Echelle douleur enfants – Gustave Roussy (DEGR)

Pour la douleur qui dure, une seule grille d’observation comportementale a fait l’objet d’un travail de validation dans un service d’oncologie pédiatrique. La grille DEGR comporte 10 items cotés de 0 à 4 (après une observation de 4 heures) qui se regroupent en 3 parties.

Les signes directs de la douleur rassemblent 5 items :

• La position antalgique au repos.

• La protection spontanée des zones douloureuses.

• L’attitude antalgique dans le mouvement.

• Le contrôle exercé par l’enfant quand on le mobilise (mobilisation passive).

• Les réactions à l’examen des zones douloureuses.

L’expression volontaire de la douleur rassemble 2 items

• Les plaintes somatiques et les localisations de zones douloureuses par l’enfant.

L’atonie psychomotrice rassemble 3 items

Le tableau d’atonie psychomotrice intègre des signes qui vont à l’encontre des repères intuitifs (cris, pleurs, agitation, protestation…) utilisés habituellement pour reconnaître la douleur ; l’absence de prise en compte de cette sémiologie peut conduire à des d’erreurs majeures. Ces enfants les plus douloureux apparaissent immobiles, tristes ne communiquant plus, muets ne réagissant plus aux stimulations extérieures (douloureuses ou pas) ; ces tableaux d’atonie psychomotrice ont été longtemps confondus avec une dépression.

 

• Trois ensembles de signe sont à rechercher.

Le manque d’expressivité

Cet item concerne la capacité de l’enfant à ressentir et à exprimer sentiments et émotions, par son visage, son regard et les inflexions de sa voie ; on l’étudie alors que l’enfant a des raisons de s’animer (jeux, repas, discussion).

Désintérêt pour le monde extérieur

Concerne l’énergie pour entrer en relation avec le monde environnant.

Lenteur et rareté des mouvements

Les mouvements de l’enfant sont lents, peu amples et un peu rigides, même à distance de la zone douloureuse. Le tronc et les grosses articulations sont particulièrement immobiles ; la comparaison est à faire avec l’activité gestuelle habituelle d’un enfant de cet âge.

ÉCHELLE DOULEUR ENFANTS – GUSTAVE-ROUSSY (DEGR)

ITEM

Cotation 0

Cotation 1

Cotation 2

Cotation 3

Cotation 4

1. Position antalgique au repos

Absence de position antalgique : l’enfant peut se mettre n’importe comment.

 

L’enfant semble éviter certaines positions.

L’enfant évite certaines positions mais n’en paraît pas gêné.

Plusieurs des signes ci-dessus sont nets.

L’enfant recherche sans succès une position antalgique et n’arrive pas à être bien installé.

2.Manque d’expressivité

L’enfant est vif, dynamique, avec un visage animé.

 

L’enfant paraît un peu terne, éteint.

 

Au moins un des signes suivants : traits du visage peu expressifs, regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent.

 

L’enfant choisit une position antalgique évidente, qui lui apporte un certain soulagement

Visage figé, comme agrandi.Regard vide. Parle avec effort.

3. Protection spontanée des zones douloureuses

L’enfant ne montre aucun souci de se protéger.

 

L’enfant évite les heurts violents.

 

L’enfant protège son corps, en évitant et écartant ce qui pourrait le toucher.

L’enfant se préoccupe visiblement de limiter tout attouchement d’une région de son corps

Toute l’attention de l’enfant est reprise pour protéger la zone atteinte.

4. Plaintes somatiques

Pas de plainte : l’enfant n’a pas dit qu’il a mal.

 

Plaintes « neutres » :
– sans expression affective (dit en passant
« j’ai mal ») ;

– et sans effort pour le dire (ne se dérange pas exprès).

 

Au moins un des signes suivants :
– a suscité la question
« Qu’est-ce que tu as, tu as mal ? » ;
– voix geignarde pour dire qu’il a mal ;
– mimique expressive accompagnant la plainte

En plus de la cotation 2, l’enfant :
– a attiré l’attention pour dire qu’il a mal ;
– a demandé un médicament.

C’est au milieu de gémissements, sanglots ou supplications que l’enfant dit qu’il a mal.

5. Attitude antalgique dans le mouvement

L’enfant ne présente aucune gêne à bouger tout son corps.
Ses mouvements sont souples et aisés.

 

L’enfant montre une gêne, un manque de naturel dans certains de ses mouvements.

 

L’enfant prend des précautions pour certains gestes.

L’enfant évite nettement de faire certains gestes, il se mobilise avec prudence et attention.

L’enfant doit être aidé, pour lui éviter des mouvements trop pénibles.

6. Désintérêt pour le monde extérieur

L’enfant est plein d’énergie, s’intéresse à son environnement, peut fixer son attention et est capable de se distraire.

L’enfant s’intéresse à son environnement mais sans enthousiasme

L’enfant s’ennuie facilement mais peut être stimulé.

 

 

L’enfant se traîne, incapable de jouer, il regarde passivement.

L’enfant est apathique et indifférent à tous.

7. Contrôle exercé par l’enfant quand on le mobilise (mobilisation passive)

L’enfant se mobilise sans y accorder d’attention particulière.

L’enfant a un regard attentif quand on le mobilise.

En plus de la cotation 1, l’enfant montre qu’il faut faire attention en le remuant.

 

En plus de la cotation 2, l’enfant retient de la main ou guide les gestes du soignant.

L’enfant s’oppose à toute initiative du soignant ou obtient qu’aucun geste ne soit fait sans son accord

8. Localisation de zones douloureuses par l’enfant

 

Pas de localisation : à aucun moment, l’enfant ne désigne une partie de son corps comme gênante.

L’enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision.

En plus de la cotation 1, l’enfant montre avec un geste vague cette région.

 

 

L’enfant désigne avec la main une région douloureuse précise

En plus de la cotation 3, l’enfant décrit, d’une manière assurée et précise, le siège de sa douleur.

9. Réactions à l’examen des zones douloureuses

 

Aucune réaction déclenchée par l’examen.

 

 

L’enfant manifeste, juste au moment où on l’examine, une certaine réticence.

 

Lors de l’examen, on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire.

En plus de la cotation 2, l’enfant change de couleur, transpire, geint ou cherche à arrêter l’examen.

L’examen de la région douloureuse est quasiment impossible, en raison des réactions de l’enfant.

10. Lenteur et rareté des mouvements

Les mouvements de l’enfant sont larges, vifs, rapides, variés et lui apportent un certain plaisir.

L’enfant est un peu lent, et bouge sans entrain.

Un des signes suivants :
– latence du geste ;
– mouvements restreints ;
– gestes lents ;
– initiatives motrices rares.

Plusieurs des signes ci-dessus sont nets.

L’enfant est comme figé, alors que rien ne l’empêche de bouger.