"Pour la lutte contre la douleur dans l'Océan Indien"

ANTALGIQUES ET GROSSESSE
les points essentiels

Mai 2009


          Très peu de médicaments utilisés dans la douleur sont tératogènes.

          La période classiquement la plus à risque de tératogénicité se situe entre le 31è et le 72è jour d’aménorrhée

          Une bonne information sur l’usage possible d’antalgiques durant la grossesse permettra d’éviter les risques liés à une automédication

          On informera avant tout sur les risques liés à l’usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine comprise), rappelant qu’ils sont contre-indiqués au-delà de 24 SA et à éviter absolument en dessous de ce terme.

          L’usage des opioïdes faibles ou forts est possible quelquesoit le terme avec un recul plus grand pour certains (voir ci-dessous). Ils exposent le nouveau-né à un syndrome de sevrage lors de leur utilisation en fin de grossesse (15 derniers jours)

  SA

Paracétamol

Aspirine(1)

AINS

Codéine

DXP

Prednisone

Morphine

  2-12

possible

éviter

éviter

possible

possible

possible

 

possible

13-20

possible

éviter

éviter

possible

possible

possible en cure courte

Durée brève si possible

21-36

possible

NON

NON

possible

possible

possible en cure courte

Durée brève si possible

> 37

possible

NON

NON

possible(1)

possible(1)

possible en cure courte

Durée brève si possible (2)

(1) : à dose antalgique              SA : semaine d’aménorrhée       DXP : dextropropoxyphène

(2) : risque de syndrome de sevrage

 

Le Paracétamol :possible

durant toute la grossesse et cela aux posologies habituelles

Aucune foetotoxicité connue.

 

L’Aspirine : comme les AINS, à éviter ou contre-indiqués

Risque malformatif avec doute sur risque de malformations cardiaques, hypospadias et fentes palatines

Risque de foetotoxicité cardiaque et rénale (idem AINS)

En fin de grossesse : expose à un risque de saignement lors de l’accouchement et contre-indique l’analgésie péridurale. Des hypoglycémies sont décrites chez le nouveau-né après prise d’aspirine par la mère.

 

Les AINS : à éviter ou contre-indiqués 

A l’exception des collyres, l’utilisation ponctuelle ou chronique de tous les AINS (y compris l’aspirine ≥ 500mg/j et les inhibiteurs de COX-2) est formellement contre-indiquée à partir du début du 6ème mois de grossesse (24 SA), quelle que soit leur voie d’administration (cf. lettre Afssaps).

Si les données sont contradictoires sur le risque malformatif, elles sont indéniables sur la foetotoxicité (risque rénal – cardio-vasculaire : HTAP/fermeture prématurée du canal artériel)

 

Les opiacés faibles : possibles durant toute la grossesse

On donnera une préférence à la codéine et au dextropropoxyphène, ayant trop peu de données pour le tramadol même si aucun élément inquiétant n’a été signalé à ce jour

 

Les morphiniques : durée courte si possible

Pas toxicité fœtal ni de risque malformatif décrits

Le risque de syndrome de sevrage lors de prescription sur la fin de grossesse, sera toujours à prendre en compte

 

Autres :

          carbamazépine : si possible à éviter

(risque malformatif : spina bifida, fentes palatines)

          les benzodiazépines : possible mais…

(si aucune risque malformatif n’est à craindre, on devra connaître la répercussion fœtale sur les mouvements actifs qui sont diminués et la variabilité rythmique du cœur – par ailleurs sur le plan néonatal on devra prendre en compte le risque d’imprégnation pouvant se traduire par hypothermie, hypotonie axiale ou dépression respiratoire, sans oublier le possible syndrome de sevrage)

          la caféine : possible mais…

(comme le tabac exposerait à un RCIU et aussi facteur d’anémie par diminution de l’absorption du fer)

          néfopam : à éviter

(données rassurantes mais peu fournies)

          béta bloquants : possible mais…

(risque possible de RCIU, nécessité surveillance écho)

          antispasmodiques : possible pendant toute la grossesse

          corticoïdes : possible pendant toute la grossesse

          amitriptyline : possible

          gabapentine, prégabaline : à éviter

(peu ou pas de données)

 

Cas particulier de la migraine :

          si crise :

+ paracétamol

+ pas d’AINS

+ aspirine possible ponctuellement si < à 24 SA

+ sumatriptan est possible sinon on pourra proposer un autre triptan même si il n’y a pas encore beaucoup de données

+ les opioïdes faibles ne sont pas recommandés dans la crise de migraine

 

          pour le traitement de fond : on notera d’abord qu’il est souvent constaté

une amélioration de la migraine durant la grossesse.

                  + amitryptiline, propranolol : notamment si désir d’allaitement

                  + métoprolol, pizotifène, oxétorone, indoramine : possibles

                  + flunarizine, méthysergide, topiramate : à éviter

Christophe Coppin

Références :

          Le courrier de l’algologie : avril/mai/juin 2003

          CRAT : Centre de référence sur les agents tératogènes

 www.lecrat.org

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