"Pour la lutte contre la douleur dans l'Océan Indien"

 

LE SYNDROME DES JAMBES SANS REPOS (SJSR):

Christophe Coppin

 

Le Syndrome des jambes sans repos appelé aussi syndrome d’Ekbom ou « paresthésie agitante nocturne des membres inférieurs » :

 

         prévalence estimée à 8%

         touche 2 fois plus les femmes

         motif de consultation : trouble du sommeil et douleurs des membres inférieurs

         cliniquement : fourmillements, picotements, brûlures, tiraillement ou crampes dans les membres inférieurs, dont la caractéristique est de survenir au repos et le plus souvent le soir entre 18h et 4h du matin (touche les bras dans 20 à 30%)

         les formes sont légères à très graves : voir echelle internationale de sévérité et de ces formes différentes dépendront des modalités de traitement différentes

         physiopathologie complexe et en partie méconnue : un dysfonctionnement du système dopaminergique, un trouble du métabolisme du fer et une dysrégulation du système opioïde sont les mécanismes couramment retenus


         le diagnostic :

Les quatre critères obligatoires du groupe international d’étude du syndrome des jambes sans repos (IRLSSG) :
  • besoin impératif de bouger les membres, causé par des sensations désagréables ou inconfortables dans les jambes
  • apparaissant ou s’aggravant lors des périodes de repos ou d’inactivité, particulièrement dans la position allongée ou assise ; amélioré temporairement ou partiellement par l’activité
  • aggravation le soir ou la nuit
  • Soulagement partiel ou total par le mouvement

Critères facultatifs pouvant aider à résoudre un diagnostic incertain :
  • ATCD familiaux de SJSR (présents dans plus de 60% des cas si forme primaire)
  • Réponse positive aux traitements dopaminergiques
  • Présence de mouvements périodiques des membres pendant l’éveil et le sommeil

L’examen clinique est toujours normal dans les formes primaires ; il s’agit d’une forme pas ou peu douloureuse, du sujet jeune, sans atteintes des petites fibres, apparaissant chez des sujets jeunes avec des antécédents familiaux (autosomique dominant)

 

Les formes secondaires, douloureuses et dysesthésiantes, sont associées à une atteinte des petites fibres : apparaissent chez des sujets plus âgés et sans histoire familiale de SJSR. Les polyneuropathies font partie des étiologies les plus fréquemment rencontrées. Ces formes s’améliorent par des thérapeutiques destinées aux douleurs neuropathiques.

Quelques autres étiologies de ces formes secondaires : carences en fer, folates, B12, insuffisance rénale, diabète, hypothyroïdie, grossesse, pathologies neurologiques (polyneuropathies, maladie de Parkinson, SLA, SEP) narcolepsie, syndrome d’apnée du sommeil et certains médicaments (Béta-bloquants, neuroleptiques, lithium, antidépresseurs, anti-histaminiques et inhibiteurs calciques)

 

 

 

TRAITEMENT :

 

         On expliquera la nature organique et chronique de ce syndrome.

         Traitement spécifique des maladies associées

         Substitution de fer si ferritine < 50µg/l

         Mesures non médicamenteuses : étirements, massages des jambes, activité physique, les bains chauds ou les douches froides , hygiène de sommeil, sevrage en caféine, alcool, nicotine, chocolat. On évitera les médicaments déclenchants ou aggravants le SJSR

         On pourra prescrire dans les formes légères, de petites doses de L-Dopa ou un antalgique de palier 2.

         Le Ropinirole, agoniste dopaminergique (Requip° pour la maladie de Parkinson, la posologie est réduite pour le SJSR, il s’agit de l’Adartrel°) est réservé aux formes idiopathiques modérées à sévères avec titration progressive (Service médical rendu important que dans les formes très sévères). Le remboursement ne se fera que pour ces formes très sévères et la prescription initiale devra se faire en consultation spécialisée (neurologue ou centre du sommeil)

Le pramipexole (Sifrol°), autre agoniste dopaminergique, a aussi l’AMM pour cette indication avec une efficacité aussi que sur les formes sévères.

Les effets indésirables : nausées et vomissements sont les plus fréquents ; on peut quelquefois observer un phénomène d’augmentation, c’est-à-dire une aggravation des symptômes par le traitement (on l’observe plus fréquemment avec la L-Dopa) ; la carence en fer et la privation de sommeil sont des facteurs prédisposants

 

Cas  particulier :

 

Celui du SJSR de l’enfant, pour lequel l’étude « Peds Rest » note une prévalence élevée, certes inférieure à celle de l’adulte mais supérieure à certaines autres maladies chroniques telles que l’épilepsie ou le diabète

 

 

Références :

 

  1. Alchaar H. « Syndrome des jambes sans repos : syndrome douloureux chronique » Revue Douleurs, février 2007, p.29
  2. HAS : « Quelle place pour le Ropinirole dans le syndrome des jambes sans repos », Rubrique Bon usage du médicament,

Portail Internet de la Haute Autorité de santé – Quelle place pour le ropinirole (Adartrel®) dans le syndrome des jambes sans repos ?

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